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Film

Safe, Todd Haynes (1995)

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Entre autres prouesses, Todd Haynes s’est révélé être l’un des investigateurs les plus assidus et acerbes d’un territoire de prédilection du cinéma américain : la banlieue bourgeoise pavillonnaire et son apanage de faux-semblants. Safe relate l’histoire d’une jeune femme au foyer (Carol, interprétée par Julianne Moore) qui devient tout à coup allergique au monde qui l’entoure, du parfum de son mari à la fibre de son pull en passant par l’air de son jardin. Les médecins, circonspects, penchent d’abord pour l’hystérie avant de déclarer benoîtement que Carol souffre d’une « maladie environnementale ». La mise en scène, glaciale et clinique, s’offre à nous sous la forme de longs plans fixes que Julianne Moore traverse comme un spectre vagabond, étrangère qu’elle est devenue à cet espace quotidien et douillet transfiguré en territoire hostile. Inévitablement, le film rejoint également la catégorie des « paraboles sur l’environnement », l’horizon de l’humanité ne prenant ici pas la forme d’une apocalypse climatique mais plutôt — intuition géniale — d’une dissipation à petit feu de notre droit à séjourner sur la planète qui nous a vu naître, avec des cachets d’antihistaminiques pour uniques boucliers face à la fin du monde…

coup de coeur
Texte du 26/03/25
DURÉE : 119 minutes
LANGUE : Anglais

PAYS : Grande-Bretagne, U.S.A.
GENRE : Drame

Prochaines séances à Paris
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Développement par jroitgrund.
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